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Pierre Rabhi

Une inspiration justifiée par un homme juste et généreux,
GCHOoQ aime les humains comme Pierre Rabhi.
Une autre voie est possible.

Pour GCHOoQ, l'agriculture et l'art c'est la même chose.

 
 

Pour une insurection des consciences.

"La terre ne nous a jamais trahis,c'est nous qui l'avons trahie! "

 

Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agriculture biologique et l’inventeur du concept "Oasis en tous lieux". Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

"Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n'est pas de produire et de consommer jusqu'à la fin de nos vies, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes."

"Comment se fait-il que l’humanité, en dépit de ressources planétaires suffisantes et de prouesses technologiques sans précédent, ne parvienne pas à faire en sorte que chaque être humain puisse se nourrir, se vêtir, s’abriter, se soigner et développer les potentialités nécessaires à son accomplissement ?"

On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d'Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Il est aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l’initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Paroles de Terre, du Sahara aux Cévennes, Conscience et Environnement ou Graines de Possibles, co-signé avec Nicolas Hulot.

"On voit s'ériger des générations d'enfants qui faute d'un éveil à la vie sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes. "

Auteur, philosophe et conférencier, il appelle à l'"insurrection des consciences" pour fédérer ce que l'humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Devant l'échec de la condition générale de l'humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l'importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une « sobriété heureuse ».

"Dans les années 1980, un camion de tomates a quitté la Hollande pour livrer l'Espagne. Dans le même temps, un autre camion de tomates part de l'Espagne pour livrer la Hollande. Les deux camions ont fini par se percuter sur une route française ! Cette anecdote vraie est une caricature qui devrait nous faire méditer sur l'absurdité de notre système... "

"Ainsi les quatre charpentes de la grande case de la vie-la terre,l'eau,la lumière et le souffle- sont malades. Les êtres humains seront également malades,car leur coeur s'est trop durci.Et le monde se brise un peu plus chaque jour,car l'argent a plus d'importance que les êtres humains,plus d'importance que la création et que le créateur."

"La modération c’est ajuster l’indispensable et le nécessaire et réduire le superflu. Tant que nous ne réduirons pas le superflu, nous continuerons à être victimes de notre boulimie, car l’être humain est manipulé pour être insatiable. Un être humain qu’on installe dans l’idée qu’il n’a jamais assez, les gagneurs d’argent ne demandent que ça."

 

 
 

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"De ses propres mains, Pierre Rabhi a transmis la Vie au sable du désert... Cet homme très simplement saint, d'un esprit net et clair, dont la beauté poétique du langage révèle une ardente passion, a fécondé des terres poussiéreuses avec sa sueur, par un travail qui rétablit la chaîne de vie que nous interrompons continuellement"

Yehudi Menuhin

 
 

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Conscience et environnement :

La symphonie de la vie de Pierre Rabhi

Comment se positionner par rapport aux catastrophes écologiques graves à venir sur notre planète ?

Pierre Rabhi : Je dirai en préambule que les catastrophes sont déjà là : il faut en effet se garder d'une vision restrictive à l'occidentale. Je trouve qu'il y a une planétarisation des phénomènes et les conditions climatiques n'épargneront ni le Nord, ni le Sud, elles ne vont pas être sélectives. Il y a comme un ultimatum qui nous est posé, de changer pour ne pas disparaître. Est-il perçu ? J'ai des doutes quand je vois l'accent mis par les sociétés sur des futilités au détriment des urgences globales.

J'ai bien peur que les conséquences de nos inconséquences nous mènent à des crises majeures, à des apocalypses biologiques diverses. L'humain moderne est de moins en moins en contact avec les forces vives de la vie, et il est pour-tant complètement dépendant d'elles pour survivre. Que deviendrons-nous sans cette terre nourricière que nous saccageons ? Il faudrait en prendre conscience et véritablement ne plus considérer la nature comme une matière uniquement exploitable, mais comme une entité vivante à respecter : il faudrait même respiritualiser tous nos rapports avec la nature !

Comment faire ? Vous-même avez été élevé au Sahara dans la religion musulmane, jeune homme vous êtes devenu chrétien par choix, à vous écouter on vous dirait panthéiste...

Pierre Rabhi : Je n'ai plus d'appartenance religieuse, mais cela n'a pas aboli ma dimension spirituelle. Je dirais même que je n'ai jamais été aussi religieux depuis que je n'ai plus de religion. Une forme de mutation s'est faite en moi lors de mon retour à la terre ici, en Ardèche : durant des années cela a été très dur, totalement prenant. Et le questionnement de l'identité, du qui suis-je entre cet héritage ancestral du sud et l'adoption des valeurs du nord, est revenu me hanter avec puissance. J'ai donc décidé d'aborder une phase de libération de toutes ces pesanteurs et appartenances à une race, à une culture, à une religion.

C'est à la lecture de Krishnamurti que tout a basculé. Cet auteur a vécu d'ailleurs ce genre d'interrogation, tiraillé entre sa culture indienne et son éducation occidentale, et il s'en est libéré, débroussaillant le chemin pour d'autres. Il s'agit en fait de quoi ? D'émerger à soi-même en dehors de toute appartenance. Et c'est ce travail de libération que je me suis mis à faire grâce à la pensée raffinée que propose Krishnamurti pour comprendre les mécanismes de la personne et les conditionnements dont on a tellement de mal à sortir sans omettre cette difficulté que l'on a d'y voir clair et d'atteindre une forme de transparence mentale... Alors s'est amorcé le processus de mutation qui a fait que ma faiblesse, vécue comme une impasse, s'est dissipée jusqu'à un élargissement de la vision dans un champ spirituel dépassant les clivages traditionnels.

Même ma vie de paysan est devenue un chemin initiatique, car je me suis rendu compte que l'esprit est partout. Ce n'est pas ailleurs, c'est ici et partout, tout est immergé dans un océan spirituel qui fonde la vie. À partir de cela, tout acte peut être sujet d'enchantement : qu'est-ce qui fait qu'une graine germe ? On peut reproduire les molécules de la graine, mais cela ne germera pas... D'une spiritualité avec configuration, je suis passé à une spiritualité sans configuration. Il faut apprendre à vivre l'indicible.

Quel fut le livre de Krishnamurti déclencheur ?

Pierre Rabhi : L'Éveil de l'intelligence, puis j'ai lu tous les autres. J'avais beaucoup lu de philosophes, mais n'avais jamais rencontré cette qualité de rigueur conduisant au fait que je suis responsable de moi-même et de mon destin. Cette mutation de la quarantaine m'a donné une énergie fantastique, qui m'a conduit à agir non plus seulement pour moi, mais pour les autres. Et pour en revenir à la crise dont nous parlions, c'est ce chemin d'éveil qui m'a conduit à expérimenter des possibles, des solutions nouvelles avec l'agriculture biologique. Pourquoi ne pas développer davantage ces solutions alternatives ? Il faut demander cela aux politiques, qui ne sont pas en phase et demeurent aveuglés par les lobbies de l'industrie chimique. Il faudrait qu'ils s'éveillent, enfin, eux aussi ! Polluer, c'est profaner, toutes les religions devraient le dire. La vie est un mystère magnifique, il y a une intelligence évidente derrière tout cela. Il serait donc temps de se rendre compte que nous faisons nous aussi partie intégrante de la vie et de la nature. La survie passera par le respect de celle-ci et par un autre rapport au monde.

 

 
 
 
     

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